ROME – La face cachée de la mondialisation

2014 PaysansLe pape François a reçu les membres du Conseil pontifical Justice et Paix, à l’occasion du 5e anniversaire de l’encyclique Caritas in Veritate de son prédécesseur. Son commentaire sur la mondialisation et le fonctionnement de l’économie actuelle vaut le détour.

 

Pour lui, si la mondialisation a eu des effets positifs sur l’ensemble des nations, elle a aussi « fortement augmenté la richesse de certains pays, (…) a accru les fossés entre groupes sociaux, créé de nouvelles inégalités et augmenté la pauvreté dans des pays considérés comme riches. (…)

Et que dire de « l »exploitation des déséquilibres internationaux en matière de coûts salariaux, qui affecte des millions de personnes vivant avec moins de deux dollars par jour. Ainsi ne respecte-t-on pas la dignité de ceux qui fournissent du travail bon marché, détruit-on des emplois dans les pays où il est pourtant le mieux protégée (…) Il convient donc de créer des mécanismes de protection des droits des travailleurs et de l’environnement, contre une idéologie consumériste, qui ne se sent pas responsable (…)

En outre, la croissance des inégalités et la pauvreté menacent la démocratie inclusive et participative, qui a besoin d’une économie de marché tendue vers le bien. Pour surmonter les causes structurelles de l’inégalité et de la pauvreté », ceci est nécessaire.

« Les droits sociaux ne doivent pas être démontés, à commencer par le droit au travail. Ne pouvant constituer une variante des marchés financiers, il s’agit d’un droit fondamental touchant à la dignité, de la famille, à la réalisation du bien commun et de la paix. L’éducation et l’emploi, l’accès au bien-être pour tous sont des éléments clef pour le développement et la distribution équitable des biens, pour la justice sociale, le libre exercice responsable à la vie politique… Les idées qui visent à améliorer la rentabilité au détriment de l’emploi crée de nouveaux exclus, sont incompatibles avec une économie au service de l’humanité…et d’une démocratie développée ».

Un autre problème réside dans le « déséquilibre persistant entre les secteurs économiques, y compris la rémunération, entre les banques commerciales et les banques de la spéculation, entre les institutions et les défis mondiaux » (…) « Des réformes profondes sont nécessaires qui prévoient la redistribution de la richesse et des marchés libres universels au service des familles. Elles induisent une nouvelle redistribution de la souveraineté nationale comme supranationale.

Retournant à Caritas in Veritate, le Saint-Père a rappelé que le document a mis en évidence le lien entre l’écologie et l’environnement économique, mais aussi l’actualité d’une écologie humaine. « L’amour de la vérité est la base sur laquelle construire la paix tant désirée et si nécessaire » pour le monde. Il faut surmonter le fanatisme dangereux, la guerre pour la possession des ressources naturelles, une migration de proportions bibliques, les fléaux persistants de la faim et de la pauvreté, le trafic des êtres humains, l’injustice et les inégalités, sociales comme économiques, mais aussi le déséquilibre caractérisant l’accès aux biens collectifs.« 

DL

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