ENERGIE – Une question de justice sociale

2014 TransitionLe Centre Recherche et action sociale (CERAS) propose, du 10 au 12 septembre, un colloque international sur le thème : « Quelle justice sociale à l’heure de la transition énergétique. Un défi pour l’Europe. ». Une bonne occasion pour faire le point sur cette question importante, au fil de la quinzaine de débats et la rencontre d’une cinquantaine d’intervenants réunis pour l’occasion au Centre Sèvres, à Paris.

On pourra ainsi rencontrer par exemple Nebojsa Nakicenovic, économiste, membre du Giec ; Dominique Méda, sociologue ;  Gaël Giraud, économiste ;  Pascal Canfin, ancien ministre délégué au Développement ;  Anabella Rosemberg, Confédération Syndicale Internationale ;  Pablo Solón, ancien ministre bolivien, directeur de « Focus on the Global South » ; Michel Griffon, économiste et agronome et bien d’autres. De quoi croiser les milieux de l la militance associative et syndicale, du monde de l’entreprise et scientifique, des cadres et aussi des personnes en situation de précarité. Au réseau jésuite qui anime le Ceras se joignent pour l’occasion aussi des représentants de la CFTC, du Secours catholique, de l’enseignement catholique, de La Croix pour ne citer que les partenaires confessionnels. On y rencontrera aussi des gens de la Croix Rouge, d’Altermondes et d’Usine nouvelle etc.

Voilà comment les organisateurs posent leur réflexion initiale :

« Transition énergétique » : depuis quelques années l’expression fait florès en Europe (e.g. L’Energiewende en Allemagne, le débat national sur la transition énergétique en France) et ailleurs, comme la réponse au double défi posé par le réchauffement climatique et par les pics énergétiques. Mais, derrière un quasi-consensus sur la nécessité d’une telle transition, demeure l’idée que, face à l’urgence immédiate de l’emploi et du remboursement des dettes, il vaut mieux profiter de ‘l’aubaine’ des gaz de schistes, attendre d’en savoir plus sur les risques climatiques et travailler à ce que le nucléaire devienne une technologie intrinsèquement sûre. Dans un contexte de crise économique et financière, les gouvernements ne désirent pas faire peser des charges supplémentaires sur des ménages et des entreprises déjà fragilisés. Ce constat vaut à la fois pour les pays « développés » et pour les pays « émergents » qui redoutent de voir freiner leur sortie de la pauvreté. Pourtant, l’inaction n’empêchera pas l’avènement d’inégalités sociales plus grandes encore : en attestent la montée de la précarité énergétique en Europe comme les revendications d’accès aux ressources naturelles portées par les plus marginalisés dans les pays du Sud. Le contexte dans lequel s’inscrit la transition énergétique – celui d’une crise écologique – questionne nos principes de justice sociale.

D’une part, les enjeux énergétiques mettent en relief des inégalités existantes, au sein des pays (en termes de mobilité, de logement…) comme entre pays – certains consommant aux dépens d’autres qui en subissent les conséquences – et entre générations présentes et futures. D’autre part, les politiques envisagées dans un but de financement, de maîtrise ou de réduction de la demande d’énergie ont des impacts sociaux qui, sans une attention accrue, risquent d’exacerber des inégalités déjà présentes ou de créer de nouvelles poches de pauvreté. Ce colloque se structure donc autour de cette conviction : la réflexion d’un projet de transition énergétique viable suppose de comprendre les problèmes de justice sociale qu’elle soulève. L’enjeu est de dépasser les discussions technicistes actuelles sur la transition énergétique et de mettre en débat les questions de justice sociale sous-jacentes.

Comment articuler – en théorie et en pratique – la lutte contre les inégalités et l’impératif de transition énergétique ? Comment encadrer les tarifications et la fiscalité de sorte qu’elles stimulent des économies d’énergie sans pour autant exacerber les risques de polarisation sociale? Comment les acteurs européens, nationaux et régionaux sont-ils en mesure de prévenir des situations de précarité énergétique qui dépendent aussi des conditions géopolitiques d’accès ? Comment penser une dimension internationale de la justice qui ne se réduise pas à une question de ‘partage des efforts’, mais passe par une vision positive des inflexions que doit prendre la dynamique de mondialisation pour être vraiment soutenable ?
Ce colloque débouchera sur une réflexion autour de questions transversales importantes pour l’action collective et les projets de société. Peut-on imaginer une culture et un mode de développement moins énergivores ? Quelles méthodes pour mettre en débat les controverses autour des initiatives à prendre, les risques pris et les problèmes de justice sociale ? Comment nos choix énergétiques remodèlent la démocratie ? Les questions mentionnées ci-dessus seront déclinées lors de divers ateliers et des sessions plénières. Elles n’appellent pas à des réponses univoques étant donné les différents contextes dans lesquels elles peuvent s’inscrire. Nous encourageons les communications qui reformuleront ces thématiques sous l’angle de la justice sociale.

DL

 

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Une réflexion au sujet de « ENERGIE – Une question de justice sociale »

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