MINES – Avec les Navajos, se souvenir pour rester vivant

En ce moment, je suis plus sensibles aux histoires de pierres, d’eau et de terres. Il y a 3 semaines, une partie de notre ferme familiale, dans le Kansas, a été contaminée par une explosion du pipeline de gaz qui a dégagé un énorme nuage sombre dans l’air pendant 15 min, sur plus de 5 km de long. Je suis touchée de penser aux arbres malades que mes parents, décédés, avaient planté il y a plus de 30 ans. Et aussi je suis inquiet pour les récoltes de mon frère. Et aussi pour les oiseaux : notre maison est couverte d’une substance huileuse. Et tant d’autres choses. Comme la compagnie du pipeline ne fait pas bien les choses, mes frères et leurs voisins ont rencontré un avocat aujourd’hui. Je prie pour eux alors que je suis au volant ici, entre ces grands massifs de grès rouges et ocres. Mais mes soucis sont multipliés par tant d’autres occasions. Ma prière, comme les pierres, crie pour les peuples des terres d’Afrique, des Philippines et d’Amérique latine dont les terres, l’eau et l’air sont spoliés par des industries minières. Eux n’ont même pas accès à des avocats. Ils ne tirent aucun profit économique de ces industries. Certains attendent des décennies que les choses soient arrangées.

2014 Navajo Birth_Cohort_ver2c-300x296Le cri du coeur est celui de soeur Joan Brown une religieuse franciscaine du Minnesota. Elle est aussi la directrice de l’association New Mexico Interfaith Power and Light. Elle s’exprime ainsi après avoir participé à un rassemblement récent, le 16 juillet dernier, à Red Water Pond, dans le territoire navajo du Nouveau Mexique (USA). Ce rassemblement faisait mémoire de la catastrophe qui s’est déroulée ici, à Church Rock, en 1979, du fait d’une fuite de liquide radioactif très dangereuse, émise dans ce lieu d’extraction d’uranium, et qui a contaminé une grande partie de la région, jusque dans l’Arizona. La catastrophe s’est déroulée quatre mois après l’accident nucléaire de Three Mile Island.

La religieuse dénonce aussi les conditions de travail des ouvriers de cette région. Ils ont travaillé dans ces mines depuis les années 1940, dans un environnement où la présence d’uranium est récurrente, sans qu’on ne leur ai jamais parlé des dangers de cette matière radioactive. Il y a bien eu depuis des compensations financières pour ceux qui travaillaient là avant 1971. Mais pas pour les autres.

Une étude sanitaire a été effectuée depuis qui montrent la multiplication des cancers, des syndromes de Down, des maladies de la thyroïde et des poumons. Un scientifique navajo qui participe a cette étude appelle de ses voeux à l’arrêt de tout autre projet minier d’uranium et à la remise en état des lieux rapides.

DL

Source : Global Sister Report

 

 

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