Stanislas, effectivement, l’écologie chrétienne n’est pas ce que tu crois

nos_limites_-_couvPuisqu’il faut bien en parler, un rendez-vous parisien proche donnera l’occasion d’entendre Stanislas de Larminat nous expliquer, une fois encore, tout le mal qu’il pense de la plupart des écologistes et même de certains chrétiens qui s’y intéressent (l’auteur aime bien les dénonciations ad nominem). Puisque la rencontre offrira aussi l’espace d’un débat, il sera intéressant d’y être présent pour rappeler à l’auteur d’un ouvrage récent bien peu enclin au dialogue, qu’il ne représente que lui-même dans l’Eglise de France.

La rencontre s’intitule : « Ecologie : impasse ou espérance ? » et se déroulera à l’espace Bernanos, dans le IXe arrondissement de Paris, le 18 juin prochain à partir de 19 h. Face à cet ancien agronome, passé par le monde passionnant des sucriers (!), et auteur du récent « L’écologie chrétienne n’est pas ce que vous croyez » (préfacé par Mgr André-Joseph Léonard), il sera intéressant d’entendre un jeune normalien, cofondateurs des Veilleurs, à partir de son ouvrage « Nos limites. Pour une écologie intégrale », Gaultier Bes de Berc..

Pour sauver le débat, il sera bon sans doute que l’assemblée des auditeurs enrichisse un peu la palette sociologique locale… Avis aux amateurs !

DL

 

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12 réflexions au sujet de « Stanislas, effectivement, l’écologie chrétienne n’est pas ce que tu crois »

  1. Merci Dominique de te résigner à te faire le porte parole des écologistes chrétiens apostats voire « scélérats », mots qu’il met dans la bouche de notre pape François lors d’un sermon à Ste Marthe le 18 novembre 2013, laissant entendre que celui-ci parlait des écologistes chrétiens (voir l’intro du livre en question). Or le mot de scélérat n’apparait pas dans les relations me semble-t-il autorisées que l’on peut trouver de ce sermon sur internet (news.va). Et surtout, le pape ne parlait nullement des écologistes mais de ceux qui suivent l’esprit du monde et les mondanités, reniant leur propre identité, voire commettent des « sacrifices humains ».
    S’ils ne portaient les ferments d’une division de plus au sein des fidèles de notre église, et si l’impétrant (au sens propre du terme) n’était aussi entreprenant pour assurer la promotion de sa pensée lumineuse et de ses petites affaires, nous pourrions fermer les yeux et intérioriser tout ça en priant l’Esprit Saint de nous éclairer sur ce qu’il peut dire de « la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune » (CA, 36 et Compendium 486).
    Lire cette introduction suffit à comprendre son positionnement, son audace dans la manipulation (ou omission judicieuse) de paroles de papes. La suite est à l’avenant, sidérant le lecteur de bonne Foi sous une avalanche de citations bien choisies et sorties de leur contexte, au point de se demander s’il n’acclame pas bruyamment les papes pour couvrir leur voix.

    On pourrait nous aussi multiplier à l’envi les déclarations de papes. Je prends donc celle-ci parmi tant d’autres, malheureusement mal connues de fidèles qui vont se laisser berner: « La société actuelle ne trouvera pas de solution au problème écologique si elle ne révise sérieusement son style de vie. En beaucoup d’endroits du monde, elle est portée à l’hédonisme et à la consommation, et elle reste indifférente aux dommages qui en découlent.(…) L’austérité, la tempérance, la discipline et l’esprit de sacrifice doivent marquer la vie de chaque jour, afin que tous ne soient pas contraints de subir les conséquences négatives de l’incurie d’un petit nombre ». (Message pour la journée mondiale de la Paix 1990, 13).

    Pour revenir à cette introduction dans laquelle par allusion quelque peu insistante il nous fait comprendre que le pape aurait qualifié les écologistes chrétiens d’apostats – négociant « carrément l’essentiel, à savoir la fidélité au Dieu qui est toujours fidèle » – entre suivre un ancien président du lobby de l’industrie sucrière, ou des évêques, prêtres, religieux, laïcs sur un chemin de dépouillement et de simplicité, mon choix est fait.

    Honnêtement M. de Larminat de quelle Espérance et de quelle Vérité vous faites -vous le témoin? Celles de l’économisme et de l’argent ? pensez-vous vendre aussi cela aux jeunes et aux générations futures et laisser cet héritage à vos petits-enfants ?

  2. RV le 18 juin, histoire de contrer un peu cette formidable opération de désinformation

  3. Oui, relire tout l’ancien et le nouveau Testament ainsi que toute la doctrine sociale de l’Eglise à la lumière des sacro-saints intérêts de l’industrie agro-alimentaire, il va bien falloir, à un moment ou à un autre dire stop, et vigoureusement.

  4. Ce qui me chiffonne dans cette banale affaire de propagande anti-écologique, c’est la préface : comment Stanislas de Larminat a-t-il réussi à mouiller à ce point Mgr André Léonard?

  5. Je serai moi aussi à cette conférence … mais bien plus pour applaudir l’auteur : Il fait preuve de courage à exprimer un avis certes divergent mais pas moins pertinent. Son acte de Foi force le respect mais n’est compréhensible peut être qu’à ceux qui ont pris la peine de lire son livre. Malheureusement les différents commentaires semblent émaner de personnes ne l’ayant pas encore lu intégralement (au delà de la préface !). Ainsi, à la question qui chiffonne « Blaise » : Comment Stanislas de Larminat a t il réussi à mouiller à ce point Monseigneur Léonard ? Peut être parceque que le Monseigneur, lui, à daigner lire le livre.

  6. Cher Dominique, une lecture superficielle de cette page m’a fait amalgamer injustement Stanislas de Larminat et la couverture de « L’écologie intégrale » figurant en vis à vis. Sauf grossière erreur de ma part, les deux n’ont rien à faire ensemble. Pour Stanislas de Larminat, esprit idéologue et sectaire, l’écologie est un gros mot qui lui écorche les oreilles.
    Quant à l’écologie intégrale, c’est bien autre chose que « l’écologie humaine » qui s’interdit de penser à l’écologie environnementale et au système financier actuel . La présentation qu’en font « les cahiers libres » a de quoi séduire les chrétiens indignés, les objecteurs de croissance et bien d’autres…L’écologie intégrale me semble bien mieux structurée intellectuellement et surtout plus crédible par sa cohérence et son ouverture d’esprit (qui sont pour moi des critères sûrs). J’espère vraiment qu’elle gagnera en audience…

  7. J’aime bien vos commentaires à tous. Et je vais vous dire pourquoi.
    Quand on commence à verser dans l’invective, c’est aussi que l’on touche au profond de soi, a l’intime que l’on veut défendre coûte que coûte car on y tient. Souvent d’ailleurs on est à court d’argument alors on insulte…. Ce qui ne signifie d’ailleurs pas que ladite position mal défendue sur la forme soit erronée sur le fond : cela donne juste davantage de crédit à celui qui ne s’énerve pas et qui semble développer son argumentaire dans un livre joliment préfacé.
    La seconde raison, c’est que quand on commence à verser dans l’invective voire l’insulte, on risque de blesser. Et le Christ habite précisément au cœur de nos blessures. La grâce va donc finir par agir pour laisser apparaître à ceux qui Le cherche vraiment, Lui qui se nomme Lui-même comme la Vérité.
    J’en viens donc à ce qui me réjouis le plus : cette conférence dont la date, l’heure et l’adresse n’est d’ailleurs pas explicite.
    Tous pêcheurs que nous sommes, un bon moyen d’approcher ladite vérité est de chercher à entrer en relation avec son contradicteur, dans un climat de paix. D’échanger sur des arguments, des faits, un raisonnement juste et cohérent.
    A vous lire, à part vous reprocher d’avoir lu ou pas lu le livre, d’avoir exercé telle profession agroalimentaire (y’a pire quand même) plutôt que d’avoir reçu la grâce d’un ministère, je ne lis rien de bien constructif…. Je vous souhaite une conférence d’un meilleure niveau.
    Promis, je vais ce livre dont le sujet paraît susciter tant d’émotions mal maîtrisées.

  8. Bon, on verra ce soir avant de pendre un auteur. Lisons le livre et écoutons l’auteur avant de jouer les Bernanos en culotte courte et les Torquemada de café du commerce. (en ce moment, j’ai une crise de bienveillance, désolé, ça me passera peut-être?)

  9. …mais quand je l’ai entendu, ma bienveillance serait presque passée, si je ne m’était pas souvenu de mon jeune temps.

    Ne jetons donc pas la pierre à S. de Larminat : il appartient à une génération que je ne connais que trop, puisque c’est la mienne, et que son seul tort est de n’être pas sorti du formatage qu’on nous a asséné pendant notre jeunesse.

    Ce formatage, cette citation l’illustre :

    « Dieu lui a confié la mission de dominer la nature et de compléter la création. Il en est cependant qui s’affligent de voir que l’homme envahit des domaines qui, aux yeux de beaucoup semblaient être exclusivement réservés au Créateur : désintégrer l’atome, semer des étoiles, s’arracher à la terre pour tenter de contrôler l’Univers, réaliser des MUTATIONS D’ORDRE GENETIQUE [….] c’est tout cela qui ressortirait à ces domaines. Ceux qui sont effrayés de voir l’homme obtenir en quelques années ces résultats […] souffrent d’assister à la déroute du Dieu que nos vues étroites nous avaient fait imaginer […] il est des apologistes qui, bourrés des meilleurs intentions dénaturent l’idée de religion : ILS VEULENT ETABLIR DES BARRIERES A NE PAS FRANCHIR. »

    Ces propos ne sont pas ceux d’un penseur de Café du Commerce ni même d’un obscur séminariste mais d’un évêque, référence en son temps : Mgr Helder Camara.

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