L’aidant de la mer

unknownDepuis de nombreuses années, les bénévoles de l’Apostolat de la mer, accompagnent les professionnels de la pêche et des transports maritimes. A ce titre, ils sont bien placés pour comprendre les défis de ce milieu.  Martin Foley, directeur national de l’Apostolat de la Mer, vient de publier une réflexion intitulée « Politique maritime : opportunités et préoccupations », invitant à reconnaitre l’élément humain « au sein de ce secteur vital ». L’auteur invite aussi à sortir de la logique des pêches illégales qui détruisent les stocks de poisson.

 Le 10 janvier dernier, à Athènes, la délégation COMECE / CEC, accompagnée des représentants de l’Église de Grèce, a rencontré la nouvelle équipe de la présidence grecque du Conseil de l’UE. L’une des principales priorités abordée et mise en exergue par Dimitris Kourkoulas, Secrétaire d’État grec aux Affaires étrangères en charge des questions européennes, était la politique maritime. En effet, avec l’Italie qui reprendra la présidence en juillet et la Méditerranée, la mare nostrum, partagée par les deux États membres de la présidence, il n’est pas surprenant que la mer, ainsi que tous ceux qui gagnent leur vie grâce à elle, se situe au centre des questions politiques pour la Grèce et l’Italie.  Le tourisme côtier et maritime est l’un des facteurs clés de création de croissance et d’emplois en Europe, en particulier dans la région méditerranéenne centrale et orientale. Une conférence de grande ampleur organisée par la Commission européenne sur ce sujet a eu lieu à Athènes le 10 mars dernier. Un grand nombre de parties prenantes y étaient impliquées. La présidence grecque tient donc ses promesses. En revanche, il reste des questions plus larges qui, pour certaines, dérangent lorsque l’UE et ses eaux salines sont concernées.

L’Apostolat de la Mer (Royaume Uni) – ainsi que ses organisations sœurs présentes dans d’autres pays – est un organisme de bienfaisance qui se préoccupe du bien-être des marins et de leurs familles et qui cherche à protéger la mer. En novembre 2012, lors de l’audience papale à la fin du 23e Congrès mondial de l’Apostolat de la Mer, le Pape Benoît a encouragé les marins et leurs familles par ces mots:

« … Les pêcheurs, plus que les autres, doivent faire face aux difficultés des temps présents et vivre dans l’incertitude de l’avenir, marquées par les effets négatifs du changement climatique et la surexploitation des ressources. Pour vous, chers marins, qui cherchez des conditions de travail décentes et sûres, la sauvegarde de la dignité de vos familles, la protection de l’environnement et la défense de la dignité de chaque être, je tiens à vous assurer le soutien de l’Église. »

Tout au long de son histoire, l’Église est restée proche des marins et de leurs familles. L’Écriture Sainte regorge de références à la pêche. Les Apôtres étaient eux-mêmes des pêcheurs, notamment Saint-Pierre, le premier Pape. Aujourd’hui, à travers le Ministère pastoral de l’Apostolat de la Mer, l’Église continue à avoir une profonde compréhension et appréciation du secteur de la pêche.

Les marins européens font face à deux défis majeurs. Abordons-les brièvement :

L’importation de poissons d’élevage en provenance d’Asie du Sud-Est. Les pêcheurs européens ne peuvent concurrencer les prix des quantités de poissons importés d’Asie du Sud-Est. Les consommateurs sont éblouis par les prix, mais nos gains paient un lourd tribut en termes humains et environnementaux. Les conditions d’esclavage et de servitude sont monnaie courante dans l’industrie de la pêche mondiale, notamment en Asie du Sud-Est où les méthodes de pêche montrent peu d’égard face à la protection de l’environnement marin. L’UE doit s’assurer que les poissons importés dans l’UE soient éthiquement pêchés et commercialisés.

Un conflit apparent entre la pêche et la durabilité environnementale. La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) épuise les stocks de poissons, détruit les habitats marins et désavantage les pêcheurs honnêtes. La pêche INN influence l’idée que la pêche est un « problème », une pratique désuète qui est écologiquement non viable. Nous devons nous éloigner de ce paradigme. Les pêcheurs reconnaissent la nécessité d’être de bons protecteurs de la création de Dieu. En Belgique, pendant la messe nationale annuelle célébrée en l’honneur des familles de marins, les pêcheurs déposent un panier de poissons à l’autel lors de l’offertoire. Ce geste est une belle expression de la conscience environnementale des pêcheurs et de leur désir de rendre grâce à Dieu pour Sa générosité. Pour l’industrie de la pêche dans l’UE, le principal défi est de trouver un équilibre entre, d’une part, un salaire décent et, d’autre part, une gestion prudente des ressources afin de protéger les stocks de poissons pour les générations futures.

La politique de la pêche de l’UE doit reconnaître l’élément humain dans ce secteur qui revêt une importance vitale, tout en veillant à ce que le bien-être et la sécurité des pêcheurs et de leurs familles ne soient pas oubliés dans notre désir d’acheter du poisson bon marché et de pratiquer des techniques environnementales durables.

Source : Comece

 

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