AGRICULTURE – Cultiver la dignité

truck_farm_2_630.jpegAlors que l’ouverture du salon de l’agriculture 2018 approche, le réseau des Chrétiens en monde rural (CMR) rappelle « qu’il défend un mode de production respectueux de l’environnement et de la dignité humaine. »

Un rappel utile qui rejoint bien les intuitions d’une écologique plus intégrale. Le mouvement précise dans un communiqué récent :

Les Etats généraux de l’alimentation ont montré les dysfonctionnements au niveau de la chaîne production – transformation – consommation. Le mode de fonctionnement actuel, délibérément dérégulé, rétribue les agriculteurs-trices en dessous de leurs coûts de production et conduit une proportion importante d’entre eux à des situations de faillite économique et de désespoir. A travers ses initiatives et ses équipes implantées dans les territoires ruraux, le CMR participe aux débats sur les types d’agriculture qui se tiennent dans le cadre de la future PAC post 2020 et de la préparation du projet de loi Alimentation. En écho à l’appel du pape François dans Laudato Si’, le CMR souhaite promouvoir les formes d’exploitations agricoles dont la taille permet de valoriser les ressources humaines, de soutenir les activités économiques en milieu rural, de gérer les ressources naturelles face aux enjeux climatiques et environnementaux, et d’assurer des bénéfices sociaux et sociétaux pour l’ensemble des populations en France et dans le monde. Pour une production alimentaire de qualité accessible à tous, le CMR invite à soutenir un mode d’exploitation familiale viable, conformément aux orientations qu’il s’est donné à son dernier congrès.

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INITIATIVES – Les pages vertes de l’annuaire chrétien

2018 ECOLOGIE Initiatives AnnuaireAvec un peu de retard, je transmets enfin l’info des amis des Chrétiens unis pour la terre, petite association chrétienne bien active. Dernière initiative en date : le lancement d’un annuaire des initiatives et des acteurs chrétiens de l’écologie en France.

Dans leur communiqué de lancement, après avoir souligné leur proximité avec ce qui se joue à Nantes, du côté de Notre-Dame-des-Landes, l’association explique :

Aujourd’hui Chrétiens Unis pour la Terre publie un annuaire des initiatives et des acteurs chrétiens de l’écologie en France. Construit sur la base d’informations recueillies initialement lors des Assises Chrétiennes de l’Ecologie qui se sont tenues à Saint-Etienne en 2015, ce nouvel outil permet de découvrir sur une carte, par zone géographique et par rubrique, les initiatives de plus de 163 groupes ou personnes engagées en écologie. Dans la dynamique de l’encyclique Laudato Si’, cet instrument deviendra vite indispensable. C’est en partenariat avec La Vie, le blog Eglises et Ecologie du P. Dominique Lang et la revue Projet du CERAS qu’est lancé ce site

Bien sûr, cet annuaire est appelé à vivre et s’enrichir : il est donc possible, après s’être inscrit, de soumettre un nouvel acteur, individu ou organisme, ou d’ajouter un évènement à l’agenda. Contacts : chretiensunispourlaterre@gmail.com

AGRICULTURE – Paysans et chrétiens, tout un monde

2018 Journées paysannesLe WE prochain, les 28e Journées paysannes voius invitent à Souligny, dans l’Allier. Un moment de rencontres, de partages, de prières bienvenue pour de nombreux agriculteurs.

Le RV a lieu en fait chaque année, lors du 3e week-end de février.  Pour les organisateurs, « il s’agit de réunir les agriculteurs et plus largement les personnes qui pensent que le lien à la terre porte une espérance pour notre temps face à la crise économique, morale et spirituelle.  »

Le thème de cette année sera : « Comment être un chrétien paysan dans une agriculture mondialisée? / Cultiver à la lumière de la Liturgie et de la Règle de Saint Benoît« .

Parmi les intervenants, il faut citer :

– Rod Dreher, Journaliste américain et auteur de Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus ? Le pari bénédictin ;

– Mgr Jean-Philippe Nault, évêque de Digne, Riez et Sisteron ;

– Gilles Heriard-Dubreuil, représentant du Courant pour une écologie humaine ;

– un membre de l’Arche du Gwenves (29)

– un moine bénédictin

– Jean-Louis Laureau, fondateur des Journées paysannes

– Père David Réveillac (sous réserve), curé du groupement paroissiale de Gourdon (Lot)

DL

HOMMAGE – Une vie donnée pour les « sans terres »

2017 ECOLOGIE Henri Burin des RoziersFin novembre, le F. Henri Burin des Roziers rendait son dernier souffle, après une vie donnée pour défendre les droits des travailleurs pauvres de l’Amazonie. Une belle figure d’une écologie intégrale au service des opprimés et de leurs terres.

Arrivé au Brésil en 1978, dans l’Etat du Tocantins, le Dominicain mettra rapidement ses compétences juridiques au service de la commission pastorale de la terre (CPT), liée à l’Église catholique. En risquant souvent sa vie pour contester les abus des grands propriétaires terriens, à la manière d’une Sr Dorothy Stang et tant d’autres. La mobilisation médiatique sur le sort des plus pauvres de l’Amazonie l’a beaucoup aidé, notamment dans sa lutte contre l’esclavagisme toujours en cours de travailleurs très pauvres, lançant avec d’autres le « Forum national contre la violence dans les campagnes » en 1992. De fait, c’est le travail précurseur d’un Bartholomée de las Casas qui a inspiré son travail et son engagement.

Le frère Xavier qui l’a bien connu témoigne : « Frère Henri a influencé toute une génération de juges, de procureurs, d’avocats, de militants qui poursuivent son combat : l’ordonnance a par exemple été suspendue par la Cour Suprême fin octobre. »

Le nombre d’assassinats dans les conflits liés à la terre est toutefois reparti à la hausse : 36 en 2014, 61 en 2016. Seuls 10 % d’entre eux sont suivi d’un jugement.

A lire pour mieux connaitre cet homme : Henri Burin des Roziers, Comme une rage de justice, Ed Cerf,  2016.

DL
Source : La Croix

ALIMENTATION – Ne balance plus ton porc

 

2017 ECOLOGIE Bretagne Tiad ReizhLa Bretagne est une des grandes régions productrices agricoles. Avec tous les paradoxes du modèle intensif, de plus en plus flagrants. Mais aussi avec de nombreux projets précurseurs : dernier en date, l’initiative « Tiad Reizh » à laquelle participent les écoles de l’Enseignement catholique de Bretagne.

C’est sur le modèle de l’initiative Breizh Alim qui prévoit l’achat de denrées alimentaires de proximité pour les cantines scolaires que l’État, le Conseil Régional, la Chambre d’agriculture et l’Enseignement Catholique de Bretagne ont lancé l’initiative « Tiad Reizh », le 4 octobre dernier. « Tiad Reizh » veut dire « Maison juste » en breton, en référence à la « Maison commune » citée par le Pape François dans Laudato Si.

Cette démarche s’inscrit en réponse à l’appel de la Région Bretagne qui propose le Plan Alimentaire Territorial Breizh’Alim: ce plan vise à réorienter les marchés publics pour assurer une consommation plus locale et accompagner les producteurs bretons dans la mise en place de filières d’approvisionnement leur permettant de répondre aux appels d’offre publics.  Avec plus de 250 000 élèves scolarisés dans son réseau (44% de la population scolaire de Bretagne), l’Enseignement catholique de Bretagne représente plus de 33 000 000 repas servis chaque année scolaire, soit un budget annuel d’approvisionnement en matière première d’environ 50 000 000€.

Sont concernés les quatre diocèses de la Région Bretagne (Ille et Vilaine, Morbihan, Finistère et Côtes d’Armor), représentant 827 écoles, 170 collèges et 103 lycées :

« Cela prend du temps de transformer les habitudes alimentaires, l’objectif est de parvenir à une consommation de 80 % de viande de porc, et de viande bovine bretonne dans tous nos établissements. » explique Stéphane Gouraud, le Directeur diocésain de l’Enseignement catholique du Morbihan.

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BLOG – Des plumes et de la chair

Ah si, quand même. Il y a un peu de neuf du côté de la réflexion de chrétiens sur le rapport aux autres créatures. Le petit blog de Christine, une plume pour la Terre, rend compte de ses réflexions et de son engagement depuis des années dans ce domaine, à l’écoute d’autres spiritualités et dans l’enracinement au Christ. A découvrir !

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Extrait :

Aujourd’hui, je comprends qu’il n’y a pas de spiritualité chrétienne sans écologie, une écologie au sens large. Il ne faut pas se tromper sur le sens de l’écologie. Je parle d’une écologie intégrale, pas intégriste; une écologie systémique qui inclut toute la création, l’humain y compris (écologie et pauvreté sont d’ailleurs intimement liés). La spiritualité chrétienne est par essence, une spiritualité de l’incarnation, souffle et matière – « Dieu s’est fait chair ». La chair de Dieu s’est le Christ, mais aussi toute la création sans une exception, qu’Il récapitule. L’écologie intégrale n’est pas un environnementalisme, ce n’est pas une somme de gestes à faire pour la planète, même si cela est nécessaire, c’est une vision et une relation au monde renouvelée qui nous engage dans la totalité de notre être, dedans/dehors, individuellement et collectivement, et qui précède et induit les comportements écologiques. L’écologie n’est pas une option, c’est une nécessité intrinsèque à notre foi. Ce n’est pas la crise, la situation actuelle, qui nous engage à être « écolo » ; ajuster notre vision et nos comportements est un impératif éthique et spirituel intemporel. La situation actuelle rend cet impératif non optionnel.

ANIMAL – Ces abeilles qui font le buzz…

Du côté de la réflexion sur notre lien au monde animal, pas grand chose à se mettre sous la dent du côté des Églises en cette fin d’année, alors que le sujet fait régulièrement la une des médias, par le biais de l’alimentation (viande), de la maltraitance animale (élevages, cirques), du monde agricole (loup, etc) ou de la perte de la biodiversité mondiale. Un article récent de catho.ch évoque quand même la figure du F. Adam, grand apiculteur devant l’éternel.

La quête de ce moine bénédictin était (en 1952) de  » reproduire une abeille qui nous donnera une récolte moyenne constante maximale avec un minimum d’efforts et de temps de notre part”. Pendant 60 ans, en bon bénédictin et à la manière d’un Gregor Mendel, il s’est attelé à cette tâche si représentative de l’état d’esprit d’un monde agricole en pleine transformation.

Entré à 11 ans au monastère de Buckfast, pour lui, l’histoire a commencé en 1919 lorsqu’il prend la direction du rucher d’une abbaye située dans le Devon, au sud-ouest de l’Angleterre. Confronté à l’acariose, une maladie apparue en 1905 sur l’Île de Wight, le moine voit ses abeilles noires anglaises décimées. 30 des 46 colonies sont mortes. A 21 ans, le jeune homme décide d’améliorer l’espèce des colonies de Buckfast. Partant de colonies résistantes, il rajoute des reines importées et fait évoluer les colonies à force de croisements. Il faut dire que jusque là, la production de miel primait, de manière à pouvoir produire suffisamment d’hydromel. Du coup, l’achat de reines italiennes s’étaient imposées et les croisements avaient fait émergé cette espèce résistante et productive à l’origine de la lignée Buckfast. Le F. Adam va poursuivre l’effort pour obtenir une « bonne  » abeille, ayant un tempérament paisible, facile d’entretien et produisant beaucoup de miel. Un bon comportement hivernal et la résistance aux maladies sont des qualités recherchées. Ce dernier critère sera l’une des préoccupations majeures du responsable du rucher de Buckfast tout au long de ses recherches.

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