RENCONTRE – Citeaux dit, sitôt fait

2016 CIteauxMaïthé, croisée récemment, me fait connaître son intéressant travail. A découvrir fin août à Cîteaux.

 Session du 24 au 28 août à l’Abbaye de Cîteaux 21700

« Chanter et Méditer la Parole de Dieu avec les Arômes de la Bible », animée  par Manuel Coley, chef de choeur et Maïthé Leroy, naturopathe aromatologue.

Contact et envoi de programme :  isarom71@free.fr – T :03 85 59 01 19

CLIMAT – Philippines en transition

Le 4 mai dernier, de grandes manifestations ont eu lieu aux Philippines pour la journée de mobilisation « Sortir des énergies fossiles » (Break free from Fossil Fuels).

 

L’opération fait partie des initiatives qui se sont déroulées du 3 au 15 mai, promues par Greenpeace et 350.org et de nombreuses ONG sociales, religieuses, environnementalistes. A travers les continents, de nombreuses actions non-violentes se sont ainsi déroulées pour accélérer la sortie des énergies fossiles, en accord avec les ambitions de l’accord de Paris. En effet, pour respecter ses objectifs, l’essentiel des réserves de charbon et pétrole doivent désormais rester dans le sous-sol. Dans le plus grand port charbonnier d’Australie, dans le parc national d’Equateur, dans la plus grande mine de charbon à ciel ouvert d’Allemagne, devant le palais présidentiel de Djakarta et le delta du Niger et de nombreux sites de fracking aux Etats-unis, des mobilisations citoyennes ont eu lieu.

Aux Philippines, c’est Yeb Sano, ancien négociateur des COP pour les Philippines et désormais directeur de Greenpeace Asie du Sud Est, qui a organisé la mobilisation. Catholique, il a tenu à mobiliser aussi de nombreuses paroisses et plusieurs diocèses. C’est ainsi que Mgr Ramon Arguelles de l’archidiocèse de Lipa (province de Batangas) a mené une marche de 10 000 personnes. Au cours de la grande messe, il a appelé à la fin de l’usage de charbon et d’énergies sales.  » Nous faisons face à une urgence planétaire. Nous avons besoin, plus que jamais, de responsables qui sont pour le peuple et pour son environnement, non pour le charbon et pour le changement climatique. »

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CLIMAT – Produire autrement

Encore une conférence pour progresser dans notre prise de conscience écologique du monde.2016 St Merry.png

 

C’est Bernard Perret, en dialogue avec Guy Aurenche, président du CCFD-Terre solidaire, qui tentera de faire le point sur les enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique, les moyens à mettre en œuvre, les résistances diverses et la révolution nécessaire de nos modes de vie.

 Bernard Perret est ingénieur, économiste, membre de l’inspection générale du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie.Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels :  Pour une raison écologique. Flammarion 2011 ; Au-delà du marché, les nouvelles voies de la démarchandisation. Les petits matins 2015

MINES -L’or qui apauvrit le Ghana

2016 Mines

Elle est étonnante cette photo. L’évêque, à droite, est Mgr John Yaw Afoakwah. Il est venu à la rencontre des ouvriers qui creusent une mine d’or à ciel ouvert sur des terres diocésaines, sans autorisation.

L’évêque ghanéen s’avance sur ces routes défoncées et boueuses, pour rencontrer les ouvriers ghanéens et les ingénieurs chinois. Sans aucune autorisation, – si ce n’est un accord sans fondement avec des chefs locaux – le chantier s’est installé à l’emplacement où l’évêque a prévu de construire de longue date un centre pédiatrique. Comment faire désormais, avec les résidus déjà accumulés et la pollution au cyanure et au mercure déjà en cours ? Le prélat est d’autant plus en colère que la ville vient de subir une coupure de courant globale du fait de ce chantier, au moment même où était célébré non loin de là une grande messe pour la journée mondiale de la Santé.

L’histoire du pays rappelle que l’or a toujours fasciné ici : l’extraction commerciale remonte ici à 1897. Le pays reste ainsi le deuxième producteur mondial, après l’Afrique du Sud. Mais seuls, 16 % des revenus de l’Etat ghanéen proviennent des taxes imposées à cette industrie dominante. Durant ces dix dernières années, le prix de l’or a été multiplié par trois, augmentant encore la pression économique. Et l’usage de pratiques de plus en plus toxiques pour les populations et l’environnement. Depuis 2009, se sont ainsi multipliées dans le pays de petites structures extractives. De quoi rendre encore plus impuissant le travail des 8 représentants de l’Etat chargé de surveiller l’orpaillage illégal dans le pays. Ce que des investisseurs étrangers, Chinois notamment, ont bien compris.
Et tant pis pour la nurserie.
 La pauvreté sociale et la violence font le reste. La fermeture d’une grande multinationale minière récemment a mis des milliers d’ouvriers au chômage, destabilisant toute l’économie locale. Comme le dit Charles Owusu Antwi, un journaliste catholique freelance, ancien chargé de communication de AngloGold Ashanti, « ces gens n’ont pas de souci de leur santé ou des questions environnementales. Si vous essayez de sensibiliser les gens au risques de boire des eaux chargées en produits chimiques, vous le faites au péril de votre vie, car ils pensent que vous voulez les mettre au chômage. Cela crée beaucoup de violence. » Un défi donc aussi pour les autorités religieuses. Sr Mary Owusu Frimpong, directeur de la santé dans le diocèse d’Obuasi, connait pourtant les maladies de la peau, les blessures graves liées à l’usage dangereux des machines. Certains ouvriers sont même parfois enterrés vivants quand les creusements sont trop rapides. Les trous abandonnés deviennent des pièges pour les enfants et des bassins de malarias et autres maladies. Et on ne parle même pas là des effets à long terme liés à l’exposition au mercure et au cyanure, provoquant cancers et malformations congénitales. Pourtant, moins cher, l’extraction par le mercure continue d’être abondamment utilisée au Ghana. Enfin, il faut évoquer le désastre social que crée cet afflux d’argent dans ces quartiers. Les ouvriers ne font que passer, le temps de creuser une veine aurifère. Ils laissent derrière des paysages détruits et ne permettent aucun développement local. L’eau, souvent contaminée, doit ensuite être achetée, augmentant encore la pauvreté.

Les autorités religieuses peuvent donc jouer un rôle décisif pour compenser le déficit démocratique des institutions locales très faibles. La prise de conscience du respect de l’environnement doit passer par ces autorités pour faire comprendre aux populations pauvres l’intérêt à préserver un tel capital pour leur futur. Mgr Afoakwah rappelle d’ailleurs que dans les traditions religieuses anciennes, les forêts ancestrales étaient honorées et les rivières considérées comme sacrées. « Mais c’est comme si la peur de Dieu avait été dépassée par le matérialisme ambiant. »

DL
Source : Global sisters report. Art de Mélanie Lidman.