ECOLOGIE – Théologiens en herbe

Un peu de lecture pour la fin de semaine ? Deux articles de théologie, publiés coup sur coup, proposent une réflexion sur l’écologie.

D’abord un article de l’ami jésuite Sébastien, sur l’étonnante conversion à laquelle nous sommes invités (dans Christus).

2016-art-carcelle-christus

Et dans la Revue d’Ethique et de théologie morale (n° 289), le psychologue Mathieu Blesson tente une analyse de l’encyclique du pape en écho à l’analyse de Lynn White en 1967.

2016-art-blesson-rev-dethique-et-de-theologie-morale

CLIMAT – Suivre le nord de notre boussole morale

2016-academie-pontificaleL’Académie pontificale des Sciences du Vatican poursuit son travail de réflexion sur le climat. Aujourd’hui, 28 septembre, elle organise un séminaire avec le Conseil pontifical Justice et Paix un an après l’encyclique Laudato si.

Un séminaire qui évoque le consensus grandissant autour de l’urgence de passer aux actes pour lutter courageusement contre le dérèglement climatique.

« Nous devons chercher à être guidé par la science et l’économique. Mais peut être plus important encore, nous devons nous fier à notre compas moral », exprimait déjà le directeur exécutif des Nations Unies sur le changement climatique. En ce sens, l’encyclique du pape François assume bien un tel rôle pour aider la transition vers de nouveaux modèles émergents. A quelques semaines de la COP22 au Maroc (7 au 18 novembre 2016), la rencontre inter-disciplinaire au Vatican fait le point sur la situation actuelle et sur la réception de l’encyclique papale.

Tomas Insua de la Coalition catholique pour le climat fait partie des invités.

ENVIRONNEMENT – Une question inter-religieuse

2016-nancyL’ami Martin me signale une rencontre inter-religieuse sur le rapport entre religion et environnement à Nancy, le 29 septembre.

 

 

2016-science-poOccasion de souligner qu’une rencontre similaire aura lieu à Science-Po Paris le 5 octobre, à l’amphithéâtre Érignac (13 rue de l’Université 75007), de 19h15 à 21h. Une rencontre organisée par l’aumonerie CSG et l’association musulmane Salaam. Parmi les intervenants, on peut nommer Tayeb Chourief – islamologue de l’Université de Lille, Yeshaya Dalsace -rabbin, et Martin Kopp -encore lui !!

CREATION – Croyant et pratiquant

affiche-journee-de-la-creation-2016-e-copie

Avec la fin du mois de prière pour la Création, plusieurs initiatives peuvent être rejointes. On peut citer par exemple le RV désormais bien installé dans le Loiret.

Vous êtes invités à la 9e Journée de la Création dans le Loiret dimanche 2 octobre à Meung sur Loire. Les paroisses du Pôle de Meung sur Loire vous invitent pour un temps de joie, de connaissance et d’émerveillement de la terre qui nous environne… Cette journée se déroulera dans la nature, près des Mauves et de la Loire, et aussi dans la ville de Meung, belle et secrète, qui saura nous surprendre, tous ensemble, parents, enfants, grands-parents. … Nous apprendrons à voir et à comprendre comment nous pouvons mieux « garder » notre planète et ses habitants…La journée sera aussi celle de la rentrée des jeunes, aumôneries, scouts, catéchismes des groupements de Meung et Beaugency, qui auront leur programme propre dans la matinée.Elle se terminera par un temps de prière oecuménique, en présence notamment de la pasteur et de l’évêque d’Orléans. Renseignements et inscriptions : journeedelacreation@yahoo.fr

A noter que dans ce même diocèse d’Orléans, une rencontre est prévue le 29 novembre avec Mgr Blaquart sur le thème : « Comment vivre l’esprit de Laudato Si dans nos communautés ? Quelques perspectives concrètes pour devenir pratiquants en écologie ». A cette fin, un appel à témoignage est lancé :  » Dans vos responsabilités en Église (paroisses, mouvements, services, groupes, communautés religieuses, etc.) quelles actions concrètes, même minimes, mettez-vous en oeuvre pour participer à la préservation de la Maison Commune ? »

N’hésitez pas à répondre !!

DL

CLIMAT – Procédons avec « méthode »

2016 Méthodistes.jpgLa 50e conférence de l’Eglise épiscopalienne méthodiste afro-américaine a rassemblé en juillet dernier près de 30 000 personnes, à l’occasion du deux-centième anniversaire de cette confession chrétienne. Elle a souligné son accord avec les autres dénominations chrétiennes dans la mobilisation contre le changement climatique.

A la fin de cette 4e assemblée qui s’est réunie à Philadelphie (Etats-Unis), un message a été lu pour les 2,5 millions de fidèles, soulignant notamment les effets discriminants des conséquences du changement climatique sur les afro-américains. En effet, des études ont montré que 39 % des populations vivant près des centrales à charbon sont des populations de couleur. Les enfants noirs sont susceptibles de mourir d’une crise d’asthme 4 fois plus que les autres.
« Nous croyons qu’il est de notre devoir d’agir et de promouvoir des solutions qui aideront nos familles et nos communautés à être plus saines et plus fortes » (Mgr John F. White)

Lire la suite

VIE CONSACREE -Mettre fin au génocide

2016-enfantsd

Ces enfants de la tribu Awajun montrent les vêtements qu’ils portaient quand ils ont lutté contre une fuite de pétrole dans un pipeline proche de leur communauté, en février dernier, dans le nord du Pérou. (Credit photo : B. Fraser)

L’organisation « Sisters of Earth » a été fondé par des religieuses nord-américaines en 1994. Il s’agit d’un réseau de consacrées sensibles ax défis écologiques et à la crise spirituelle qui les alimentent. Un réseau devenu mondial et qui vient de tenir sa convention en juillet sur le thème : « Un entrain pour la Vie : devenir partenaires avec la communauté d’une terre sacrée ».

Les 75 participantes à la Convention qui s’est déroulée près de San Francisco ont notamment rencontré de nombreux activistes environnementaux, particulièrement ceux issus des peuples indigènes, souvent en première ligne des menaces contre l’environnement.

Une forme de « colonisation » qui continue que dénonce notamment Sr Birgit Weiler, enseignante à Lima (Pérou) et qui travaille avec les Awajun et les Wampi, deux tribus amazoniennes qui luttent pour défendre leur terre contre l’industrie pétrolière.

Beata Tsosie-Pena, du Nouveau Mexique dénonce le « génocide culturel » qui s’en suit dans de telles pratiques : violence sociale, drogues, suicides. Sans oublier, pour sa tribu, les effets des essais atomiques dans la région sur la santé des populations locales. En suit un sentiment d’impuissance douloureux pour tous ces peuples humiliés sur leurs terres.

Un sentiment auquel les religieuses veulent répondre activement : par l’éducation des populations, pour qu’elles ne soient plus manipulées. Par le soutien des politiques de désinvestissement financier des industries des énergies fossiles. En développant des formes d’agriculture plus résilientes et autonomes. En favorisant aussi le maillage et les interactions entre actives, populations indigènes et résidents pour lutter contre les projets industriels délirants ou dangereux.

Et l’Eglise catholique doit faire sa part. Peut être aussi en revenant sur la partie sombre de son histoire, telle cette bulle papale de 1493, émise par le pape Alexandre, qui décrète que les « nations barbares » du Nouveau Monde soient soumises à l’Espagne. Il ne s’agit pas d’un détail puis le Cour suprême de justice des Etats Unis, en 2005, s’est appuyée sur la « doctrine de la découverte » que sous-tend ce document ancien pour nier la souveraineté de la nation indienne Oneida sur leurs terres ancestrales à New York.

DL

Source : art. de Mandy Erikson

POLLUTION – L’autre Minimata ?

2016-formosa3Il y a quelques mois, j’ai eu la chance de faire mon premier voyage au Vietnam, dans le cadre d’une formation donnée à des jeunes religieux sur l’encyclique Laudato si. Occasion de découvrir aussi un terrible scandale écologique en cours dont on parle peu en Europe: la pollution de la bande côtière vietnamienne par les rejets toxiques d’une énorme aciérie chinoise implantée dans le centre du pays.

Après avoir longtemps contesté la responsabilité de l’installation industrielle, les autorités du pays ont bien du reconnaître les faits: la pollution aux métaux lourds provient bien d’eaux usées relarguées dans la mer par l’usine Formosa. Déjà des pêcheurs sont morts par empoisonnement et des pêcheries entières ont été durablement détruites par la pollution. Le ministère du travail vietnamien a lui même reconnu que ce sont plus de 360 000 personnes qui ont été touchées par la catastrophe et plus de 400 ha de coraux.

J’avais, pour l’occasion, profité de ma chronique dans La Croix pour donner quelques éléments d’information. On pourra trouver le texte de cette chronique plus bas (publié en juin 2016 dans La Croix).

Mgr Nguyên Thai Hop, évêque de Vinh, a accordé un entretien à l’agence d’information catholique VietCatholicNews (fondée en 1996 aux Etats Unis) pour faire le point. L’évêque dominicain, président de la commission diocésaine  Justice et Paix, décrit la colère de la population locale dans ce diocèse particulièrement touché : trois des quatre provinces touchées par la pollution se trouvent sur le territoire du diocèse de Vinh.

2016-formosa

Le 7 aout dernier, des manifestations importantes se sont déjà déroulées (près de 5000 fidèles venus d’au moins trois paroisses de pêcheurs différentes) après la publication d’un communiqué signé par Mgr Nguyen Thai Hop invitant à faire de cette date une journée de prière consacrée à la protection de l’environnement et de protestation contre les atteintes récentes à l’équilibre écologique. Des catholiques de l’ancienne paroisse de Dong Yen sont même parvenus jusqu’aux portes de l’usine Formosa, demandant le départ de l’installation industrielle financée par Taïwan.

 « Notre environnement vital est gravement menacé. Le complexe sidérurgique Formosa du Ha Tinh a rejeté des déchets toxiques dans les eaux de la mer, provoquant de graves dommages pour la vie de la population, des dommages qui se prolongeront durant de nombreuses années encore. Ces derniers jours, la presse a informé ses lecteurs que Formosa non seulement rejetait ces déchets en mer, mais enfouissait en terre des substances toxiques en de nombreux endroits. »

Lire aussi ici.

Récemment, le 22 août, un communiqué du ministère vietnamien des Ressources naturelles et de l’Environnement s’est efforcé de ramener de l’optimisme au sein de l’opinion publique. Selon lui, une enquête portant sur les quatre mois de pollution dans les quatre provinces touchées montrerait que le taux de substances toxiques aurait considérablement diminué et que de jeunes poissons commenceraient à voir le jour.

EXTRAITS de l’ENTRETIEN de Mgr NGUYEN THAI HOP

Mgr Nguyên Thai Hop: (…) Je ne suis pas un scientifique, pas plus qu’un spécialiste en économie ou un océanographe. Cependant, en tant qu’enfant du Centre-Vietnam, ayant vu le jour sur cette terre ingrate, et, surtout, et au titre d’évêque de Vinh depuis six ans, j’ai l’honneur de fouler en tous sens les entrailles de ce pays du centre, de cette terre inféconde. Aujourd’hui, j’ai l’occasion de parcourir encore davantage les chemins de cette pauvre terre et j’ai un sentiment de tristesse lorsque je regarde les mères du Centre-Vietnam : aujourd’hui, elles sont déjà pauvres et mènent une vie difficile, mais elles vont le devenir encore davantage et vivront encore plus difficilement…, à cause de la catastrophe de la pollution de l’environnement maritime.

La mer est la source de la vie ; telle était la tradition laissée par nos ancêtres. De la mer viennent les ressources qui permettent aux riverains de nourrir et d’élever leurs enfants, les ressources grâce auxquelles ils peuvent construire leur maison, subvenir aux dépenses nécessaires pour survivre. Certains peuvent même s’acheter des voitures, construire des bateaux, grâce aux ressources de la mer. Aujourd’hui, avec ce désastre environnemental, la population est dans le désarroi et le désespoir. Beaucoup ont déjà quitté leurs villages et sont partis. Les enfants ne vont plus à l’école et de nombreuses personnes ont perdu leur emploi. Non seulement les pêcheurs et les propriétaires de marais salants, mais aussi beaucoup d’autres services ainsi que la population qui vit tout autour sont affectés. Tous sont marqués par cette tragédie. Il n’y a désormais plus de poissons et cela fait déjà plus de quatre mois que nous n’avons pas consommé ce plat traditionnel de la population côtière.

Lire la suite