A LIRE – Drôle de climat

Pelerin 2015 ClimatPour bien commencer la semaine, un petit rappel. Le magazine PELERIN vient de publier un petit dossier grand public sur les grandes questions pour comprendre la crise climatique actuelle. Réalisé par Véronique Badets et votre serviteur.

Cécile a réalisé un bon document Prezi (document web interactif) sur le site pelerin.com pour présenter ce travail. A retrouver ici.

Un outil pédagogique qui peut servir dans vos interventions sur le sujet ?

DL

ECOLOGIE – Se libérer des pharaons de ce temps

Cabrini-Climate-CP7-e1429729339805Les communautés chrétiennes (et les autres) s’approprient de plus en plus le sujet de l’environnement. Dernier exemple en date, la conférence qui s’est déroulée le 17 avril au Cabrini College, université catholique de Philadelphie.

« Le verdissement de l’enseignement social catholique ». Le titre de l’intervention de John F. Burke au cours de ce colloque inter-religieux intitulé « Foi, climat et santé : prendre soin de la Création pour un futur plus vert » donne le ton de cette rencontre. Professeur des études religieuses dans cet établissement, l’universitaire a ainsi souligné la clé de la réflexion en cours, autour du lien entre humanité et nature. Pour lui, l’encyclique à venir du pape va probablement permettre de considérer la nature intégrale de l’humain qui l’intègre dans la nature.

« Nous avons besoin d’un souci passionné pour l’écologie au coeur de la vie chrétienne et pas seulement dans sa périphérie. »

Burke rappelle aussi, à la suite du pape, que le souci pour la nature s’inscrit pleinement dans celui du souci pour les plus pauvres puisqu’aux Etats Unis aussi les dégradations environnementales les plus sévères ont lieu dans les banlieues les plus pauvres du pays.

Ce fut ensuite au tour du rabbin Arthur Waskow de prendre la parole. Membre du Centre Shalom, il a proposé une réflexion sur une « théologie cosmo-centrée des Ecritures hébraïques ». Sa lecture des pollutions en cours lui fait méditer l’évènement de l’oppression des Hébreux en Egypte.

« A chaque génération, un pharaon apparait. Les grands producteurs de pétrole, de charbon et les grands financiers bancaires sont les pharaons de cette génération, opprimant la terre. Chaque personne doit considérer les chemins qui nous libérent de ces esclavages. »

Pour lui, le futur document du pape sera important au-delà de la sphère catholique. Lui-même travaille avec d’autres rabbins à une lettre sur l’écologie pour arriver à une voix morale commune sur le sujet. « C’est clairement cette encyclique qui nous y a poussé. »

DL

Source : Art. de Matthew Gambino

EGLISE – Décroissants du dimanche

Si vous ne connaissez pas encore les nouveaux intellectuels catholiques issus de l’ENS de Lyon, n’hésitez pas à découvrir cet article du dernier numéro de Famille chrétienne. Occasion de retrouver Gautier et Marianne.

On y parle de décroissance et de résistance à l’embourgeoisement. Une vitalité sympa, parfois un peu caricaturale mais qui fait bien bouger les lignes.

Nouvelle vague 2015

DL

ECOLOGIE – De l’ancien et du neuf dans les Eglises américaines

0-AA-April21-2015-frst-01-550x333Le journal américain The New Haven Independant rend compte d’une exposition réalisée à la bibliothèque  de la Divinity School de Yale, s’intéressant à l’histoire de l’écologie au sein des communautés chrétiennes aux Etats-Unis. De quoi changer quelques avis trop rapides.

L‘exposition ‘Religion and the Environment »  montre notamment comment les missionnaires avaient assez rapidement compris l’importance de lutter contre certaines pratiques peu respectueuses de l’environnement. Lutte contre l’érosion, développement des agricultures familiales etc. : bien avant le mouvement social des années 70, ces missionnaires chrétiens s’étaient mis au  travail, tels ces protestants qui, dès 1912, en Chine, avaient initié un programme de reforestation avec l’université de Nanking.  Des pratiques qui n’ont malheureusement pas été beaucoup oralisées ou transmises dans les autres cercles d’Eglises. Plus récemment, la Conférence des évêques nord-américains avait pris l’initiative, en 1986, de lancer une revue intitulée « Firmament », consacrée spécifiquement au lien entre foi chrétienne et écologie.

0-AA-April21-2015-frst-03-550x718L’exposition laisse entendre que la prise de conscience des urgences environnementales au sein des Eglises s’est finalement faite en parallèle de celle qui opère dans la société américaine, au cours des années 70 et 80. Une prise de conscience qui est lente du fait du matérialisme ambiant de cette société qui influence jusque dans les pratiques religieuses. Il a donc fallu des militants résistants, dans la société et dans l’Eglise, pour réveiller les consciences. Le mouvement étudiant méthodiste par exemple, avait lancé, dès les années 70 un journal « Motive » qui a beaucoup contribué à cela. A partir des années 90, notamment au sein des initiatives oecuméniques et inter-religieuses, les Eglises ont cependant commencé à prendre la mesure de ces enjeux.

DL

Source : Art. | Apr 22, 2015 8:16 am

 

 

TERRES – A l’ombre des palmiers, un vent de révolte

Plantations

Le réseau Foi et Justice Afrique Europe, qui rassemble des religieux catholiques engagés sur le terrain, me signale une campagne en cours au Cameroun et quelques autres pays, sur l’accaparement des terres. Où il est question d’un certain groupe Bolloré…

Pour comprendre cette mobilisation internationale, voici quelques éléments d’informations. On peut rappeler en passant que le groupe Bolloré est un puissant groupe industriel français, engagé dans de nombreux domaines dont la logistique, les transports et même la presse… Il n’en reste pas moins méfiant à l’égard des journalistes, puisqu’il a régulièrement attaqué en diffamation certaines enquêtes publiées sur ce sujet depuis 2011.

Extrait d’un courrier envoyé au président de la Socfin en mars dernier

Nos organisations représentent des milliers de personnes affectées par les privations des terres liées à l’implantation de vos plantations dans cinq pays. Elles sont nées d’un patient travail d’organisation pour recenser les problèmes de chaque village et réunir tous les leaders locaux soucieux d’agir pour chercher une solution définitive à ce conflit qui dure depuis de nombreuses années dans les différents pays. Nous savons que les directeurs opérationnels des plantations préfèrent généralement traiter avec les chefs traditionnels et les élus locaux. Vous n’êtes pas sans savoir que nombres de ceux-ci sont malheureusement victimes de la corruption massive qui gangrènent les autorités publiques de nos pays comme le reconnaissent toutes les études internationales. Tous les chefs ne sont pas corrompus et plusieurs sont d’ailleurs membres des organisations qui constituent l’Alliance. Mais c’est cet état de fait qui a empêché jusque-là les plateformes dialogue d’être le lieu de résolution des conflits. Pour faire évoluer cette situation insatisfaisante et combattre les multiples injustices dont ils se sentaient victimes depuis des années, les habitants des villages riverains ont créé des organisations locales et nationales. Parce que notre situation nous a paru similaire de la Sierra Leone au Cambodge, nous nous sommes alliés au niveau international afin de constituer un interlocuteur à la hauteur de la Socfin et du groupe Bolloré.

La négociation nous semble la seule voie de sortie raisonnable et nous vous enjoignons à nouveau à ouvrir cette voie. Le non-respect des promesses nées de la rencontre avec le groupe Bolloré en octobre 2014 a exacerbé les frustrations des populations locales que nous représentons qui n’aspirent à rien d’autre qu’à la paix et la justice. Sachez que nous sommes déterminés à aller jusqu’où il sera nécessaire pour obtenir la reconnaissance de nos droits. Nous organiserons de nouvelles actions collectives dans tous les pays tant que vous ne nous aurez pas témoigné votre volonté d’ouvrir la discussion pour trouver des solutions communes. Nous agirons en toute responsabilité pour éviter la violence et les débordements. Mais si de tels évènements devaient survenir, vous en porteriez une responsabilité certaine.

Par ailleurs, nous nous permettons de vous rappeler la première revendication exprimée le 24 octobre : la mise en place d’une évaluation tripartite des conflits fonciers avec l’appui d’une expertise indépendante. Nous partions du principe qu’il était nécessaire de se mettre d’accord sur les problèmes, avant de se mettre d’accord sur les solutions. Nous regrettons que vous ne partagiez pas ce qui semblait relever du bon sens au Groupe Bolloré et aux représentants de l’Alliance. Nous sommes néanmoins disposés à entendre vos propositions alternatives.

Et une synthèse des éléments du dossier actuel tel qu’il est présenté par le réseau React Lire la suite

PELERINAGE – Yeb, c’est bien

yeb sanoA l’occasion de la journée de la Terre, Yeb Sano, ancien dirigeant de la commission sur le changement climatique du gouvernement philippin vient de donner sa démission et s’engage dans un grand pèlerinage à travers la planète.

Dans une longue lettre, il explique le sens de sa démarche et le parcours qu’il va ainsi effectuer. Il rappelle que la mobilisation en cours sur les urgences environnementales est de plus en plus une affaire des grandes traditions spirituelles, aux côtés des mouvements de la société civile. Pour le manifester, lui-même réalise ce 22 avril un pèlerinage de 10 km entre le sanctuaire philippin de Sainte Marie reine de la paix et le sanctuaire Rizal, à Manille. En mai, le voyage se poursuit pas une visite aux îles du Vanuatu, récemment meurtries par le cyclone Pam, puis de nombreux autres pays à travers le monde. Avec une attention particulière à chaque fois à tous les sites particulièrement exposés au changements climatiques en cours et à toutes les expériences accompagnant la résilience de nos sociétés et de nos écosystèmes.
Au final, Yeb Sano participera aussi à un pèlerinage de 1500 km, durant 60 jours, de Rome à Paris, pour arriver au sommet pour le climat, début décembre 2015. De quoi continuer à mobiliser les réseaux de nos sociétés civiles qui seules peuvent mettre en place les changements structurels nécessaires. Yeb cite par exemple l’ambition d’un monde dont les sources d’énergies seraient à 100 % d’origine renouvelable d’ici 2050. L’émergence d’une société attentive, capable de mener ses luttes pour plus de justice sociale jusqu’au bout.
DL