En Afrique, la terre et l’eau, biens fondamentaux

Extrait de l’exhortation Africa Munus, remis aux évêques africains par Benoît XVI au cours de son voyage en novembre dernier au Bénin.

 

LE RESPECT DE LA CRÉATION ET DE L’ÉCOSYSTÈME

79. Avec les Pères du Synode, j’invite tous les membres de l’Église à œuvrer et à plaider en faveur d’une économie soucieuse des pauvres et résolument opposée à un ordre injuste qui, sous prétexte de réduire la pauvreté, a souvent contribué à l’aggraver.120] Dieu a donné à l’Afrique d’importantes ressources naturelles. Face à la pauvreté chronique de ses populations, victimes d’exploitation et de malversations locales et étrangères, l’opulence de certains groupes choque la conscience humaine. Edifiés pour la création de richesses dans leurs propres nations et souvent avec la complicité de ceux qui exercent le pouvoir en Afrique, ces groupes assurent trop souvent leur propre fonctionnement au détriment du bien-être des populations locales.[121] Agissant en collaboration avec toutes les autres composantes de la société civile, l’Église doit dénoncer l’ordre injuste qui empêche les peuples africains de consolider leurs économies[122] et « de se développer selon leurs caractéristiques culturelles ».[123] Il est, en outre, du devoir de l’Église de lutter pour « que chaque peuple puisse être lui-même le principal artisan de son progrès économique et social[…] et puisse prendre part à la réalisation du bien commun universel comme membre actif et responsable de la société humaine, sur un plan d’égalité avec les autres peuples ».124]

80. Des hommes et des femmes d’affaires, des gouvernements, des groupes économiques s’engagent dans des programmes d’exploitation, qui polluent l’environnement et causent une désertification sans précédent. De graves atteintes sont portées à la nature et aux forêts, à la flore et à la faune, et d’innombrables espèces risquent de disparaître à tout jamais. Tout cela menace l’écosystème tout entier et, par conséquence la survie de l’humanité.[125] J’exhorte l’Église en Afrique à encourager les gouvernants à protéger les biens fondamentaux que sont la terre et l’eau, pour la vie humaine des générations présentes et futures[126] et pour la paix entre les populations.

L’onde de Fukushima… jusqu’en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud reste un passionnant laboratoire pour l’Afrique et le monde occidental en terme de développement. Le 20 janvier, des représentants des différentes religions du pays ont lancé, en lien avec l’Institut Environnement d’Afrique du Sud (SAFCEI) un appel pour dénoncer “l’arrogance nucléaire du gouvernement.”

Une marche pacifique pour sortir du nucléaire (Photo: DR)Un gouvernement qui projette en effet de faire construire six réacteurs nucléaires dans le pays dans les années qui viennent, pour un coût estimé à près d’un milliard de dollars. Une  perspective sans faille, qui semble ne pas prendre en compte le coup de semonce terrible que fut Fukushima il y a un an. A la suite de l’appel pour l’arrêt du nucléaire civil des évêques japonais, les membres du SAFCEI rappellent les nombreux défis moraux de cette technologie : risques sans fin pour les populations, coût sur les générations futures, au mépris de la Constitution sud-africaine qui garantit l’équité entre les générations, risques de prolifération nucléaire et son utilisation pour des armes, danger constant des accidents nucléaires, risques de sécurité et de la culture du secret, inhérentes à la technologie nucléaires, la responsabilité limitée des planificateurs nucléaires, qui sont rarement disponibles pour être tenues responsables de leurs grands projets en cas d’échec. Et de conclure : « Ces dangers moralement immenses devraient faire taire ceux qui prétendent que l’énergie nucléaire est vitale pour des raisons économiques », souligne le texte.
Source : apic

Un Noël simple..

On a manqué l’info mais ce n’est jamais trop tard : aux Etats-Unis, quelques individus, en lien avec l’Eglise mennonite locale, ont lancé il y a quelques années le site “n’achetez rien pour Noël” qui propose de nombreuses manières de vivre autrement Noël, sans rien “acheter”…

Un site stimulant pour dire, une fois encore, que oui, c’est possible. Qui lance le mouvement en France pour l’année 2012 ?

DL

La Création, un souci franciscain

Si jamais vous ne savez pas quoi faire cet été, vous pouvez toujours participer à cette université d’été à Santa Barbara, organisée par une faculté de théologie franciscaine américaine, sur le thème “Création, humanité et science”, qui veut présenter la veine franciscaine de ces questions. On notera notamment la participation du F. Keith Douglas Warner qui s’est spécialisé sur les questions d’écologie et de justice sociale.

 

 

 

On pourra juste regretter que le cadre paradisiaque de cette formation universitaire de 12 jours n’est accessible qu’après avoir déboursé… 2000 dollars de participation.

Plus d’infos ici

DL

Déforestation et cultures de soja : terres d’esclaves

Un français contre l’esclavage moderne au Brésil. Le P. Xavier Plassat, coordinateur de la campagne nationale contre le “travail esclave” au sein de la Commission pastorale de la terre (CPT) connaît bien la réalité des esclaves économiques, de plus en plus nombreux, au Brésil. Une liste “sale” publiée annuellement par le ministère du travail évoque 294 entreprises, fin 2011, qui ont recours à de telles pratiques.  Le dominicain évalue quant à lui plutôt le chiffre à 350 ! « Au départ, 90 % des cas détectés étaient en Amazonie, majoritairement dans l´élevage bovin, la production de charbon de bois et l´abattage forestier, mais depuis quelques années on en trouve aussi dans les régions de monocultures de canne à sucre » (centre-ouest et nord-est). Ce sont en fait de très nombreuses régions de ce grand pays émergeant qui sont touchées. Lire la suite

Un crocodile dans les bagages du pape

On voit de tout au cours de l’audience générale hebdomadaire du pape Benoît XVI à Rome. Des groupes nombreux font le déplacement pour une rencontre amicale et festive. Cette semaine par exemple, des gens du cirque sont venus saluer le pontife. Mais pas que. Le personnel du jardin zoologique de Rome (Bioparco), ayant entendu parlé du prochain voyage du pape à Cuba en mars, sont venus lui confier un de leur pensionnaire, à l’occasion du centenaire du zoo.

En l’occurence un crocodile cubain, espèce rare, accueilli dans le zoo dans le cadre d’un programme de protection et de réintroduction. Drastiquement réduite ces dernières années, l’espèce ne se trouve plus que sur une portion de l’île de Cuba, au point que l’Union internationale pour la conservation de la nature a classé l’espèce parmi les espèces menacées.

On pourrait suggérer que pour les prochains voyages du pape, d’autres initiatives de cette sorte soient prises pour faire de son avion une véritable “arche de Noé”… qui sait ?

DL
Source :   VIS 20120111 (170)

La forêt, l’écolo japonais et le psaume 42

Connaissez-vous Shigeatsu Hatakeyama ? Vous devriez. Il vient d’être élu “héros de la forêt”, un titre remis par les Nations unies dans le cadre de l’année 2011 dédiée aux forêts. Il mène une campagne de reforestation, d’éducation et de conservation appelée Mori wa Umi no Koibito “La forêt cherche la mer,  et la mer se languit de la forêt” qui a déjà planté près de 50 000 arbres… Un titre que l’auteur reconnaît inspiré du psaume 42 : “Comme un cerf altéré cherche l’eau vive,  ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu.”

Hatakeyama qui est enseignant à l’université de Kyoto, âgé de 68 ans, est aussi membre de l’Union baptiste japonaise. Il est aussi responsable d’une exploitation d’huitres sur la côté de Kesennuma, qui fut touchée le 11 mars dernier par le tsunami. Sa propre mère, âgée de 93 ans, fut victime de la violence des éléments déchaînés dans la ville voisine et qui détruirent aussi une grande partie de la propriété. “Je pensais que la mer était morte”, dit-il alors. Mais, une fois encore, il constate que la mer a récupéré du désastre comme le confirme son travail depuis deux décennies. Des scientifiques ont d’ailleurs montré dans ce secteur que le fer issu des forêts et transporté par la rivière qui se jette dans la baie joue un rôle clé dans le retour de la vie marine. Un effet qui a été vérifié par l’impact de plantations d’arbres dans ce secteur. “Comme la biche cherche des courants perpétuels, les huitres désirent l’eau issue des forêts”, conclut l’environnementaliste japonais.

DL

Barrages au barrage

Fin d’année tumultueuse dans l’Assam, une région de l’Inde. C’est une grève générale (bandh) qui a paralysé la région en réaction à la répression policière des manifestations. En fait les manifestations ont démarré le 16 décembre dernier rassemblant des milliers de personnes opposées au projet de Gerukamukh, le plus grand barrage de l’Inde sur la rivière Subasniri, affluent du Bramapoutre. Le tout pour fournir 2000 mégawatts d’énergie électrique dès 2012. Lire la suite

Une “famille de nations” responsables

Un extrait du discours de Benoît XVI au corps diplomatique donné le 9 janvier 2012.

Une éducation correctement comprise ne peut que favoriser le respect de la création. On ne peut oublier les graves calamités naturelles qui, au cours de 2011, ont touché diverses régions du Sud-Est asiatique et les désastres écologiques comme celui de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon. La sauvegarde de l’environnement, la synergie entre la lutte contre la pauvreté et celle contre les changements climatiques constituent des domaines importants pour la promotion du développement humain intégral. Par conséquent je souhaite que, suite à la XVIIème session de la Conférence des États Parties à la Convention de l’ONU sur les changements climatiques, qui s’est conclue récemment à Durban, la Communauté internationale se prépare à la Conférence de l’ONU sur le développement durable (« Rio + 20 ») comme une authentique « famille des nations » et, donc, avec un grand sens de la solidarité et de la responsabilité envers les générations présentes et celles du futur.

DL

Source : La Croix

Des soins longue durée

Alors que le Canada vient d’annoncer qu’il sortait du protocole de Kyoto, les communautés locales, elles, poursuivent leur métamorphose. Dernier exemple en date, celui du couvent écoénergétique et durable à Rimouski (Québec, partie est). Là, les Soeurs du Saint-Rosaire ont réalisé  la construction  du premier bâtiment à recevoir la certification LEED dans cette ville. Une certification de haute qualité environnementale  (pour Leadership in Energy and Environmental Design) qui est commun aux constructions récentes nord-américaines et qui est née en 1988.

Le projet comprend des rénovations et l'ajout d'un... (Collaboration spéciale, Carl Thériault)

63 chambres entièrement adaptés aux normes et aux usages de soins de longue durée pour les soeurs retraitées ont ainsi été ajoutées à la maison provinciale de la congrégation pour un budget de 20 millions de dollars. Côté énergie, c’est le choix d’un chauffage par géothermie qui a été mis en place, avec notamment le creusement de 25 puits de 167 mètres de profondeur. «Nous sommes la première con­grégation dans la région à se doter de ce service. C’était dans le sens de notre mission d’éducation, de développement durable d’avoir un bâtiment LEED qui va dans le sens de la protection de l’environnement», expli­que Marie-Alma Dubé, supérieure générale de la congrégation des Soeurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire. L’archevêque de Rimous­ki, Mgr Pierre-­André Fournier, a béni les nouvelles installations.

Source : article de Carl Thierault dans le journal Le Soleil (ici)
DL