ENVIRONNEMENT – Guerre totale

2014 KoweitLa journée n’ a pas de dimension spirituelle mais elle croise quand même bien les soucis des communautés chrétiennes : la paix et le respect de la Création.  En effet, le 6 novembre prochain, les Nations Unies célèbrent la « Journée Internationale pour la préservation de l’environnement en temps de guerre »

Pour l’occasion, le secrétaire général des Nations Unies a souhaité faire connaître son message :

Depuis que la guerre existe, l’environnement et les ressources naturelles en sont les victimes silencieuses. Les récoltes sont incendiées, les puits pollués, les sols empoisonnés et les animaux tués. Les objectifs ne sont pas toujours les mêmes : on peut vouloir se procurer un avantage stratégique, démoraliser des populations locales, venir à bout d’une résistance ou tout simplement nourrir ses soldats. Mais, même lorsqu’elles ne sont pas intentionnelles, les conséquences sont toujours catastrophiques. Nous assistons à des actes de destruction purs et simples, notamment le rejet de polluants et de substances dangereuses. Nous sommes témoins de bouleversements sociaux, comme la création de populations de réfugiés qui, à leur tour, mettent plus rudement les ressources à contribution. Et puisque la plupart des conflits se déroulent dans les pays pauvres, nous constatons les ravages économiques infligés par les guerres à des populations vulnérables qui sont les moins outillées pour faire face aux dégâts subis par leur environnement et pour surmonter un ralentissement du développement.

Pendant la guerre du Golfe de 1991, les puits de pétrole du Koweït ont été délibérément incendiés et des millions de litres de pétrole brut ont été déversés dans les voies d’eau. Au Cambodge, 35 % de la couverture forestière a été détruite pendant les 20 ans qu’ont duré la guerre civile et les troubles. Au cours du conflit en Angola, le nombre des animaux sauvages a diminué de 90 % et, pendant la guerre du Viet Nam, des millions de tonnes d’agent orange ont été pulvérisées au-dessus des jungles de ce pays, ce qui a eu pour effet de dépouiller de toute végétation de vastes zones dont certaines ne peuvent toujours pas être cultivées aujourd’hui.

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CLIMAT – Responsables et solidaires

Mgr Stenger colloque 2014Mgr Stenger, évêque de Troyes, et éveque accompagnateur de Pax Christi France, dans son dernier éditorial du bulletin diocésain, fait le point sur les raisons de la mobilisation pour protéger le climat.

Il n’y a pas longtemps, dans beaucoup de grandes villes du monde, on a marché pour le climat. Depuis le 1er juillet, on jeûne pour le climat. Pour les initiateurs de ces actions, elles sont une manière de s’engager face à la crise climatique qui ne cesse de s’aggraver. Elles sont une manière de signifier que l’homme se considère comme responsable – laissons les experts se disputer sur l’importance de sa part de responsabilité – par ses choix de consommation, du réchauffement climatique et de ses conséquences. Et elles sont enfin une manière d’affirmer notre solidarité avec ceux qui subissent de plein fouet les conséquences de ce réchauffement, qui en sont les victimes, sans avoir les moyens de se défendre.

De quoi s’agit-il exactement ?

 Depuis le début de la révolution industrielle, les activités humaines émettent de très grandes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, essentiellement par déstockage du carbone géologique, contenu dans les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) que nous consommons sans modération. Le carbone qui est dans la terre passe dans l’atmosphère quand nous brûlons du charbon ou du pétrole dans nos fourneaux ou dans nos voitures. Cet excès de carbone dans l’atmosphère est une des causes principales de l’augmentation des températures, augmentation qui a des conséquences graves dans notre environnement.

Quelles conséquences ? Pardonnez cette énumération qui peut sembler catastrophiste mais qui ne fait que décrire la réalité : l’augmentation en fréquence et en intensité des évènements météorologiques extrêmes, comme la vague de chaleur de 2003, les sécheresses, les inondations, les cyclones et les typhons comme aux Philippines, l’élévation du niveau de la mer, les changements thermiques et pluviométriques, la perte de la biodiversité, c’est-à-dire le bouleversement complet des équilibres dans la nature. Ces phénomènes qu’on peut déjà constater ont et auront pour effet de détruire les moyens d’existence de l’homme, l’habitat, les troupeaux, les champs, de faire baisser les rendements agricoles, de provoquer la désertification, les famines, les manques d’eau, l’extension des maladies parasitaires. Résultat : des crises économiques graves, d’où des centaines de milliers de morts, des migrations massives ainsi que des conflits sociaux et internationaux.

Et que faire ? Il y a deux directions dans lesquelles on peut agir.

D’abord baisser les émissions de gaz à effet de serre, c’est-à-dire envoyer moins de carbone dans l’atmosphère pour limiter la montée des températures dans une proportion raisonnable. Ceci dépend principalement de décisions politiques, en particulier des choix énergétiques que nous ferons. Il y a des énergies moins polluantes que d’autres. Mais cela dépend aussi de nous. Dans la mesure où l’émission de gaz fatals dépend de notre consommation excessive, le bon sens voudrait qu’on consomme moins. Mais il veut aussi qu’on consomme autrement. Nous devons donc réfléchir sur nos modes de vie et les changer. Ce serait un signe de notre sens de la responsabilité.

La deuxième direction, c’est d’essayer de nous adapter aux changements climatiques déjà produits pour en contrôler les conséquences. Là aussi sont en cause des décisions politiques : entraide internationale, régulation des migrations, mise en œuvre de technologies nouvelles.  Il y a fort à faire. D’où l’enjeu des conférences internationales sur le climat et des décisions qui y sont prises. Ceux qui jeûnent veulent préparer les esprits à celle qui aura lieu à Paris en 2015. Le message est clair : nous jeûnons par solidarité avec ceux qui déjà sont victimes, en particulier de famines, de raréfaction de leurs moyens de vivre ; nous jeûnons aussi pour montrer que nous gardons une certaine liberté par rapport aux biens de consommation ; nous agissons parce que nous nous sentons responsables du monde dans lequel nous vivons et nous demandons aux responsables politiques d’agir eux aussi en conscience. Même si on ne jeûne pas, on n’en est pas moins appelé à cette solidarité, à cette liberté intérieure par rapport aux biens, à cette conscience de notre responsabilité.

Voilà une mise en œuvre, on ne peut plus concrète, de la doctrine sociale de l’Eglise.

 

+Marc STENGER

Evêque de Troyes

Président de Pax Christi France

© Source : Diocèse de Troyes. octobre 2014

CLIMAT – Dérèglement climatique et justice internationale

2014 AUzaMgr Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-Unies, est intervenu à nouveau au cours du deuxième comité de cette assemblée, sur le sujet de la protection du climat. Soulignant la responsabilité particulière des pays technologiquement les plus développées.

Si l’impact du changement climatique est ressenti globalement, a déclaré Mgr.Bernardito Aúza, les pays technologiquement développés ont une plus grande capacité à combattre le phénomène que les autres, qui demeurent plus vulnérables aux effets… C’est un paradoxe injuste, étant donné que les causes majeures du changement climatique » relèvent des pays développés. C’est pourquoi le phénomène n’est pas strictement technique, mais aussi une question de justice. Aider les pauvres et autres personnes vulnérables est une question de justice car ils souffrent de causes qui leur sont étrangères ou hors de contrôle. La première chose serait de permettre à ces pays d’accéder aux technologies de lutte contre le changement climatique, ou capables d’en atténuer les effets… Riches et pauvres sortiront vainqueurs ensemble si on parvient à un accord international à horizon 2020 qui implique tous les pays, et dans lequel les plus pollueurs en gaz à effet de serre s’engagent vraiment ».

La délégation du Saint-Siège, a poursuivi le représentant, « tient à souligner l’importance de la formule Responsabilité de protéger les droits, non seulement pour les zones à statut humanitaire mais aussi pour celles les plus touchées par le changement climatique. Nous avons un devoir commun de protéger la terre et l’humanité… Faisons donc le choix sérieux d’adopter des comportements qui n’aggravent pas ultérieurement la situation mais qui l’améliorent. Nous devons être toujours plus conscients de nos responsabilités collectives et réciproques. Tous les Etats se doivent de développer des politiques qui assurent une existence sure et digne aux générations à venir ».

DL

ENERGIE – Un défi et un moyen pour la justice et la paix

2014 Energie Justice et paixAprès avoir été publié en italien, espagnol et anglais, le voici traduit en français, l’ouvrage « Energie, justice et paix », publié ce mois-ci, par la Librairie Vaticane. Ce livre de 159 p. est le fruit d’une réflexion menée par les experts du Conseil Pontifical « Justice et Paix ».

Ce n’est pas une recette technique, mais plutôt une réflexion visant à nourrir les réflexions d’autres personnes concernées : politiciens, techniciens, entrepreneurs et investisseurs, analystes en géopolitique, citoyens en général. L’ouvrage s’articule en deux parties. La première étudie l’énergie comme un défi à la justice, à la paix, au développement. La deuxième, au contraire, voit l’énergie comme un moyen fondamental pour avancer dans ces secteurs. Parmi les questions abordées : les attentes du progrès technologique, le rôle des politiques, le danger dérivant d’interprétations biaisées de ce qui doit être « vert » ou « moderne », les liens entre l’énergie et plusieurs autres sujets tels que l’alimentation, l’économie, l’éducation ou encore la gouvernance.
Plusieurs principes importants de la Doctrine sociale sont valorisés dans l’ouvrage, notamment le bien commun et la destination universelle des biens.
Une longue introduction contextualise la question de l’énergie dans une vision large du développement et de l’impact de l’énergie sur l’humanité. La fin du texte présentes quelques propositions d’action. L’approche de Energie, Justice et Paix est interdisciplinaire, et se base sur les grands principes sociaux de l’Eglise catholique.

Pour Mgr Turkson, le président du Conseil pontifical Justice et Paix, « ce livre est une tentative de présenter les différentes formes d’énergie, leur utilisation et les problèmes liés à leur consommation. Mais il s’agit aussi de mettre l’accent sur l’accès à l’énergie, très important pour le développement partout dans le monde ». Ainsi, a-t-il expliqué, l’introduction de panneaux solaires dans certains villages d’Afrique, d’Asie, peut changer la vie des gens.

« D’abord, il donne de la lumière, permet aux enfants de faire leurs devoirs le soir, après l’école, permet aux gens d’être en mesure de recharger les batteries de leurs téléphones , permet d’accéder à l’information, de la communication. Il est temps de changer et de transformer vie de ces personnes ».

Et pour éviter la récupération politique ou l’exploitation économique, le secrétaire de Justice et paix, Mgr Toso se prononce en faveur d’une gouvernance supranationale qui définisse clairement les tâches de chacun, contrôlant la gestion des ressources et favorisant la coopération entre les partis. Une gouvernance « où la société civile a la primauté sur les politiques et les décisions de tel ou tel gouvernement ».

DL

Source : COnseil Justice et Paix ; Radio Vatican

CLIMAT – Jeûneurs en état d’urgence

2014 Climat LoiretLes amis du Loiret sont décidément en pleine forme. Pour leur rendez-vous du « Jeûne pour le climat » du 1er décembre, un an avant le sommet de Paris, ils organisent une conférence sur le sujet en présence de Mgr Marc Stenger et d’Alain Granjean.

L’initiative internationale, baptisée « Jeûne pour le Climat » a vu le jour lors de la conférence climat de l’ONU à Varsovie en novembre 2013. Alors que le Typhon Haiyan venait juste de dévaster les Philippines en novembre dernier, le délégué pour le climat Yeb Saño était à la conférence des Nations Unies pour le climat, à Varsovie. Sa propre famille a été victime du désastre qui a coûté la vie de milliers de personnes et qui a détruit maisons et moyens de subsistance à travers le pays. Dans un émouvant discours, il a dit qu’il ne mangerait pas jusqu’à ce que la conférence de Varsovie débouche à des actions des pays pour « arrêter la folie » de la crise climatique. Des centaines d’autres personnes autour du monde ont choisi de jeûner avec lui en solidarité. Le Jeûne pour le climat a évolué en un mouvement mondial avec la participation de groupes de jeunes, d’écologistes et de groupes religieux, qui souhaitent tous, cette année, une action urgente de la part des gouvernements concernant le changement climatique.
 En recevant nos photos du 1er septembre à Orléans, Yeb Saño a réagi en ces termes : « Wow, this is truly amazing and inspiring. My heart goes to all there in Orleans, France, and to all who continue to embrace this growing movement. » (« Ouah, c’est vraiment incroyable et inspirant. Mon coeur va vers eux tous à Orléans en France, et tous ceux qui continuent à s’engager dans ce mouvement en croissance. »)
DL

ECOLOGIE – Quand nos cimetières redeviennent des jardins

Le blog E&E a déjà évoqué les questions qui se développent actuellement autour de la gestion plus ou moins écoresponsable des cimetières. Le développement de « cimetières-forêt » fait partie des initiatives intéressantes. C’est un peu dans cette veine que Dominique Bodin, conservateur municipal des cimetières, a développé un cimetière naturel, du côté de Niort (Deux-Sèvres). Une piste intéressante qui devrait interpeller nos pastorales des funérailles.

Ce « premier cimetière écologique » de France a été inauguré, dans le quartier résidentiel de Souché, en février dernier. On y est accueilli par une citation du jardinier Gilles Clément : « Pour faire un jardin, il faut un morceau de terre et l’éternité. » Tout l’effort a été de réduire au maximum la logique minérale des cimetières français. Marbre, granit et autres pierres tombales, venues souvent de loin, et au prix souvent scandaleux sont ici remplacés par une démarche plus environnementaliste : de simples stèles en calcaire, des tombes minimalistes et surtout un environnement paysager plus proche du jardin à l’anglaise que d’un parking funèbre. Pas de caveaux en béton donc, mais aussi des invitations à réduire les soins en thanatopraxie etc.

Ce que dénonce notamment Dominique Bodin par cette démarche, c’est l’industrialisation croissante des inhumations : concessions temporaires, croissance exponentielle des pratiques d’incinération etc.Sa démarche réduit ainsi considérablement les coûts d’inhumation pour les familles des défunts.

Mais sa réflexion est aussi une invitation à changer les pratiques d’entretien dans les cimetières puisque d’ici 2020, l’usage de pesticides sera interdit dans les lieux publics.

Le cimetière assume une démarche cohérente : ancienne friche qui est née sur une carrière de calcaire, le domaine a conservé les arbres qui étaient présents et a intégré de nombreux éléments respectant la biodiversité du site.

Source : Article de Flora Chauveau (Reporterre) et reportage de Actu-environnement ; reportage vidéo de France 3

DL

EGLISE – Appel aux artisans de paix à Sivens

2014 LegrezAprès les évènements tragiques qui se sont déroulés sur le site de la future retenue d’eau de Sivens, l’évêque du lieu vient de réagir. On peut sans doute regretter que nos communautés soient si peu réactives avant, au moment de la montée des tensions. Il serait bien que, à l’image de ce qui s’est passé à Bures (futur centre d’enfouissement des déchets nucléaires), les responsables diocésains et les paroisses locales aident au dialogue et à la mobilisation. A Notre-Dame-des-Landes, par exemple ou sur le barrage de la Semène ou près de La Hague…

Mgr Jean Legrez, évêque d’Albi, a publié, mardi 28 octobre, un communiqué réagissant à la mort dans le Tarn d’un militant écologiste de 21 ans, Rémi Fraisse. Dans la nuit de samedi à dimanche, celui-ci a trouvé la mort au cours de violents affrontements entre opposants au barrage contesté de Sivens et forces de l’ordre. Un communiqué apaisant mais minimaliste quand aux enjeux du conflit en cours. Il semble que le document des évêques de 2012 ait encore un peu de chemin à faire pour mobiliser nos responsables qui l’ont pourtant signé.

En cette période, où l’Église se prépare à célébrer la fête de tous les Saints, comment ne pas déplorer très vivement le climat de violence qui s’est installé autour de « l’affaire du barrage de Sivens » et qui a entrainé la mort d’un jeune homme de Toulouse. L’Évangile de la Toussaint nous rappellera dans quelques jours que « les artisans de paix seront appelés fils de Dieu ». En effet, les enfants participent à la vie de celui qui n’est qu’amour. C’est même là leur bonheur. J’invite les chrétiens du Tarn à être de vrais témoins du Christ en opposant à toute forme de violence la bienveillance et le dialogue. Ensemble prions aussi pour le repos de l’âme de Rémi Fraisse et pour sa famille durement éprouvée. Demandons à Dieu de faire se lever des artisans de paix capables de faire cesser la violence et d’œuvrer pour le bien commun.

DL

Source : La Croix / Site diocèsain